17 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

Les intermittences de la mort – José Saramago

A plus de 80 ans, José Saramago écrit cette fable sur la mort, sur la mort implacable, sur la mort qui hésite, sur la mort qui, désormais, annonce son arrivée et qui lui a peut-être déjà adressé le message qu’il n’attendait pas encore mais qu’il craignait de recevoir.

Dans un pays imaginaire, la mort décide de cesser ses activités, provocant d’énormes perturbations démographiques, augmentation de la population, allongement de la vie à l’infini,… ; économiques, paiement des retraites, prise en charge des soins des malades, … ; sociales et familiales, garde des malades grabataires, surveillance des vieillards séniles, … , religieux, s’il n’y a plus de mort, il n’y a plus de résurrection, ni de rédemption, donc il n’y a pas plus besoin de religion.

Mais, la mort a échoué dans son projet car le pouvoir, avec l’aide de la « maphia », transporte les mourants, et d’autres, derrière les frontières où ceux qui devaient mourir, et les autres aussi, décèdent immédiatement. Elle reprend donc ses activités en provoquant le décès de tous ceux qui auraient dû mourir pendant sa période d’inactivité. Immédiatement les problèmes inverses se posent et les embouteillages dans les morgues, églises, cimetières, etc… provoquent de nouvelles perturbations que la « maphia » aide, une fois de plus, à résoudre en se rendant, une fois de plus aussi, indispensable.

Mais cette fois la mort annonce son arrivée en envoyant un petit courrier personnalisé qui toutefois ne parvient jamais à ce brave violoncelliste qui ne sera jamais virtuose et qui n’a pas la moindre idée de ce qui lui arrive, la mort pourrait-elle connaître l’échec ? L’auteur pourrait-il poser cette question au crépuscule de sa vie ?

Cette fable pourrait être réjouissante et même tendre, si on considère que l’auteur joue avec la mort, qu’il la nargue, qu’il la provoque, qu’il l’amadoue, mais, en fait, on a finalement l’impression que, comme tous les hommes, il a peur de cette échéance et qu’il voudrait bien la faire reculer encore un peu, qu’il n’a nullement envie de recevoir la petite enveloppe fatidique, qu’il n’est pas prêt pour fermer ses livres et qu’il peut même encore en écrire, même s’il écrit désormais comme la grande faucheuse. « La mort ne maîtriserait tout bonnement pas les premiers rudiments de l’art d’écrire, sa calligraphie irrégulière serait encore pardonnable « en comparaison de la syntaxe chaotique, de l’absence de point final, de la non utilisation des parenthèses absolument indispensables, de l’élimination erratique des virgules et, péché sans rémission, de l’abolition intentionnelle et quasiment diabolique de la lettre majuscule… »

Mais, la Parque avait-elle « … compris qu’il ne faut jamais distraire un artiste de son art » ?

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