11 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

Une enfance australienne – Sonya Hartnett

Quelque part dans une banlieue convenable d’Australie, Adrian, neuf ans, vit chez sa grand-mère car sa mère n’est pas jugée digne de l’élever et son père ne veut pas s’encombrer d’un gamin. Il sent bien qu’il est une charge pour tout le monde et qu’il n’intéresse personne même pas son meilleur ami qui lui préfère un autre camarade. Il nourrit des angoisses qui ne font que croître quand la télévision rapporte la disparition de trois enfants d’une même famille.

Adrian ne peut pas s’épanouir entre une grand-mère qui l’aime mais le rudoie parce qu’elle a peur de mal l’élever, un oncle qui vit reclus à la maison parce qu’il est responsable de la mort de son ami – Rory doit rester dans la maison à regarder le monde par la vitre parce que, s’il sortait, la viande qui pend à ses côtes se balancerait au gré du vent et pleurerait avec lui -, une camarade de classe qui se prend pour un cheval et fait un scandale tonitruant. Et, une famille avec trois enfants, comme ceux que l’on recherche activement, qui vient s’installer dans la maison voisine. Il noue progressivement des liens avec ces enfants, eux aussi, un peu perdus avec un père qui travaille et une mère qui se consume dans son lit depuis de longues années.

Sonya Hartnett avec ce petit roman, nous propose, dans un style vif et enlevé, une réflexion sur la construction de l’enfant, son parcours initiatique mais surtout les embûches qu’un monde sécuritaire tourné vers le confort des adultes propose à ces enfants isolés et mal aimés. Un livre qui pourrait facilement tomber dans un pathétisme larmoyant mais que l’auteur sait toujours maintenir dans un registre alerte par une montée progressive de la tension à travers des petites touches et des détails qui s’additionnent pour construire un récit crédible malgré l’accumulation des faits divers et événements douloureux.

On dirait qu’Adrian est le seul être sain de cette famille et qu’il comprend très vite qu’il n’a rien à faire avec ce monde, il ne veut pas être un « dinguo » comme sa mère, comme son oncle, comme la fille-cheval,… Il faut être attentif, les enfants savent très bien ce que pensent les adultes et tirent rapidement des conclusions même si ce ne sont pas toujours les bonnes.

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