29 août 2015 ~ 0 Commentaire

Les oiseaux de bois – Aslı Erdoğan

Cinq nouvelles, cinq histoires de femmes, des dérives à la limite du monde fantastique et du monde réel défini par le carcan d’un pouvoir autoritaire et policier qui ne connait que la force et la violence répressive. Asli Erdogan possède à merveille le sens de la nouvelle qu’elle traduit avec son écriture dense mais délicate, pleine de sensibilité.

Elle nous emmène dans un sanatorium allemand ou trois femmes indigènes et trois étrangères soignent leur maladie pulmonaire en essayant de croire qu’elles peuvent encore exister et séduire même si la mort s’approche inexorablement. Cette mort qui n’en finit pas de prendre la femme de cet homme, un peu veule, qui sillonne la ville dans un taxi pour ne pas assister à la décrépitude de son épouse. Déchéance que connaîtra sans doute cette autre épouse enceinte qui se néglige un peu, mais qui se démène pour apercevoir quelques minutes encore son mari qu’on emmène ailleurs. Ailleurs, là où semble être cette folle géniale et candide qui tombe dans tous les pièges de la société et qui devient une proie facile pour ceux qui sont chargés de la répression.

Des récits qui mettent en scène des innocentes victimes d’un monde cruel où apparaissent toujours en toile de fonds des pouvoirs autoritaires et barbares, notamment en Turquie à cette époque. Des histoires où la maladie, la mort, la violence humaine apparaissent comme une fatalité, comme « une tragédie que l’on se transmettait de génération en génération ». La mort fascine particulièrement l’auteur qui semble se complaire dans la description de la décrépitude morbide des femmes pulmonaires ou en phase terminale d’un cancer, du petit chat écrasé ou du chien agonisant.

L’image de la vie au moment où elle bascule vers le néant, où la réalité semble s’évanouir, où l’imaginaire peut être encore la vie. « Et j’ai pensé que toutes ces choses – les guerres, les prisons, les femmes battues, etc. – n’étaient qu’hallucinations. Donc, ce n’était pas le monde qui était en cause, mais mon imagination débridée. »

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