29 août 2015 ~ 0 Commentaire

Le double nom de famille – Dina Rubina

Quelque part en Union soviétique, au moment ou Gorbatchev accède au pouvoir, un père attend son fils qui vient, après trois ans de séparation, passer quelques mois de vacances avec lui car, le reste du temps, il vit avec sa mère. Au moment de monter dans la voiture, le fils montre son passeport à son père car il a désormais atteint sa majorité, il a le droit de choisir son nom et il a décidé de faire figurer le nom de sa mère et celui de son père sur son état civil officiel. Ce choix n’enchante pas le père qui entreprend de raconter comment à la naissance de l’enfant, il a été amené à s’occuper seul de lui pendant que sa mère était à l’hôpital et comment il a appris qu’il n’était pas son fils génétique. « Et là, il s’est passé quelque chose d’invraisemblable : tu m’as soudain gratifié d’un large sourire édenté, un sourire bouleversant ». Et alors, une complicité de plus en plus étroite se noue entre le père et le fils et il faut le départ définitif de la mère pour rompre ce lien entre les deux personnes.

Dans ce petit récit à deux voix, le père et le fils s’informent tour à tour de ce qu’ils connaissent de leur situation commune dans un dialogue, à la fois, tendre, touchant, émouvant, mais où la violence s’infiltre entre les lignes, sans jamais exploser, laissant la tension s’installer progressivement au fur et à mesure que le lecteur découvre la complexité de la situation dans laquelle les deux protagonistes évoluent.

C’est tout le problème des familles éclatées qu’évoque Dina Rubina, et plus spécialement le problème des pères qui se sont investis concrètement et affectivement dans l’éducation de leur enfant qu’il voie brusquement partir. Une réflexion sur le couple, la paternité et la responsabilité de celui qui rompt le pacte. « La vie de famille, à mon avis, c’est plutôt moche, mais comme dit notre voisine, faut bien avoir quelqu’un avec qui boire une tasse de thé sur ses vieux jours ». Et au-delà de la question familiale, ce récit est aussi, une méditation sur la fragilité de l’engagement, la faiblesse humaine, face aux aléas du hasard qui peut gripper les machines les mieux huilées surtout quand il est si difficile de dire la vérité qui risque de blesser ou de remettre en cause toute une vie.

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