27 août 2015 ~ 0 Commentaire

Dissimulation de preuves – Donna Leon

La signora Grazia n’indisposera plus ses voisins, elle ne martyrisera plus ses employées de maison, elle ne grattera plus jusqu’au dernier sou pour arrondir ses économies, elle ne gênera plus personne… son médecin l’a découverte morte, assassinée, dans son appartement vénitien. La dernière bonne qui a officié chez elle, a disparu mais la police la retrouve bien vite et l’arrête à la frontière avant que, dans un dernier élan d’énergie, elle tente de s’enfuir mais est alors percutée par un train qui la laisse morte sur la voie. Cette brave femme fait une coupable idéale que la police charge bien vite du crime pour mettre un terme à cette affaire.

Mais, une voisine, de retour à Venise après une assez longue absence, apporte un témoignage qui pourrait innocenter la bonne. Alors, le commissaire Brunetti, reprend l’enquête malgré les ordres de ses supérieurs et cherche un mobile à ce crime : trafic de fonds, de main d’œuvre, héritage, corruption, chantage, … et tout ce que les sept péchés capitaux peuvent engendrer dans la cité maritime.

Et, Donna Leon nous raconte cette enquête plutôt banale, assez molle, sans véritable ressort, sans surprise, trop prévisible, une enquête où le principal personnage pourrait être ce vieux quartier de Venise et ses habitants avec leur parler typique et une certaine intimité qui n’appartient qu’à ceux qui vivent depuis longtemps dans le même secteur où ils se rencontrent régulièrement au hasard de leurs occupations journalières. Mais, ce roman manque de Venise, la ville n’imprègne pas assez le récit, il n’y a même pas un seul gondolier dans cette histoire, la spécificité de la ville pourrait pourtant faire l’objet de quelques belles scènes. De même, il n’est pas assez gourmand, Donna Leon nous met l’eau la bouche mais nous laisse un peu en plan, on rêve d’Andrea Camilleri et de son art de déguster la cuisine sicilienne.

Ce qui reste en fin compte après cette lecture, c’est une certaine stigmatisation des petits travers, peut-être pas si petits d’ailleurs, italiens : la corruption, la concussion, les trafics en tout genre et toutes les embrouilles que les Italiens sont capables d’inventer pour arrondir leurs fins de mois. On dirait que Donna Leon prend un malin plaisir à rappeler à ses amis vénitiens qu’ils se complaisent un peu trop facilement dans ces combines et que si elle est Américaine de naissance, elle est aussi Italienne de cœur et que les problèmes de la péninsule la concernent elle aussi.

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