26 août 2015 ~ 0 Commentaire

La petite cabane aux poissons sauteurs – Chiew-Siah Tei

Jeune Malaisienne de la colonie chinoise, Chiew-Siah Tei, désormais exilée en Ecosse, semble avoir voulu écrire un livre initiatique pour remonter un arbre généalogique qui pourrait être le sien et faire revivre des ancêtres qui auraient exploité un vaste domaine agricole dans le sud de la Chine jusqu’au début du siècle dernier.

Elle commence son histoire avec la naissance, en 1875, de Mingzhi qui comble de joie son grand-père, le maître absolu du domaine, qui a désormais un héritier pour assurer la continuité du lignage et combler les ancêtres qui veillent sur le sort de la famille. Mais cette naissance irrite au plus haut point la seconde épouse du fils aîné qui elle aussi attend un enfant qui ne sera que le second. Les clivages se manifestent rapidement, Le fils second devient le bras droit du père car le fils aîné vit dans la débauche et ne s’occupe pas du domaine, l’épouse seconde est très jalouse de l’épouse première du fils aîné, et on devine rapidement que les deux nouveaux-nés seront rivaux toute leur vie.

Le fils aîné impose la culture du pavot qui satisfera son opiomanie mais désole le fils second qui ressent de forts scrupules à cultiver ce poison. Mingzhi suit des études brillantes que son frère n’arrive pas à assimiler en sombrant vite dans la facilité et la débauche. Mais ces destinées qui semblent toute tracées sont bousculées par l’arrivée des étrangers, Japonais et Européens, qui espèrent bien se partager le gâteau chinois malgré la violence de la résistance des Boxers qui bouleversent l’ordre établi.

Ce roman qui se voulait certainement la tragédie d’une famille confrontée à la disparition d’une civilisation ancestrale et à l’irruption brutale d’une Chine nouvelle agressée par des peuples étrangers, n’est pour finir qu’un vague mélodrame de second ordre où tout est bien trop prévisible. On dirait que l’auteur a voulu écrire un roman chinois pour retrouver ses racines mais qu’il n’a pas pu échapper à sa culture anglo-saxonne qui se ressent trop dans ce très long texte. Il aborde bien, tout au long de son récit, des thèmes importants : le choc des cultures chinoises et européennes, la disparition de la Chine traditionnelle, la place des femmes et des filles dans la société chinoise, toutes les tares de l’ancien régime : corruption, népotisme, favoritisme, …, l’introduction des cultures spéculatives, etc… mais tout ça nous le connaissons bien depuis longtemps, au moins depuis que Pearl Buck, Lao She, Pa KIn et bien d ‘autres l’ont écrit avec beaucoup plus de talent.

Mais Chiew-Siah a peut-être trouvé l’ancêtre, auréolé de toutes les qualités et ouvert au monde extérieur, qui aurait installé sa famille en Malaisie pour échapper à la violence des siens rejetant ses amis européens et lui-même par là-même. Cet ancêtre visionnaire qui aurait créé la Chine de la diaspora qui allait pousser la porte des marchés européens et transporter la richesse ancestrale dans le Sud-est asiatique.

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