21 août 2015 ~ 0 Commentaire

L’enchanteur et illustrissime gâteau café-café d’Irina Sasson – Joëlle Tiano

Un  régal, un délice, une gourmandise  ce petit livre où les mots dégoulinent comme les notes d’un nocturne de Chopin, ou les phrases coulent comme le grand fleuve tranquille derrière la maison et qui sent bon les grains de cannelle qu’Irina met avec parcimonie et amour dans son fameux gâteau  qui a accompagné toutes les étapes importantes de sa longue vie qu’elle se raconte, la centaine, venue. « C’est à son entrée à San Joao-San Antao qu’Irina prit l’habitude de chaque jour traduire de petites phrases dans les langues de sa destinée pour l’amener à parler. De se réciter des poésies  à haute voix. Pour s’entretenir. Elle finissait toujours par la recette du gâteau café-café. » Le gâteau de sa vie, celui qu’elle fit  dans tous les moments de bonheur et de malheur qu’elle connut au cours de sa longue existence là-bas dans un lointain pays d’Amérique du Sud, loin de ses parents vivant à Paris puis envoyés là-bas vers l’Est pour un voyage dont bien peu sont revenus.

Ce livre est écrit à deux voix, celle du narrateur et celle d’Irina, où se mêle, parfois, une troisième celle de Susan sa petite-fille venue à son chevet pour accomplir le geste en forme de rite qui bouclera la vie de cette petite femme à la forte personnalité qui forgea son bonheur dans l’exil malgré des conditions peu propices. « Aux yeux d’Adriano je n’existe, je crois, qu’à travers les rôles et les fonctions qu’il m’a dévolus : sa femme, la bru de sa mère, la belle-sœur de ses frères, la maîtresse de sa maison – en second, après sa mère vieillissante -,la gardienne de sa demeure, la mère de ses fils à venir et puis, pour les employés de la Compagnie, l’épouse de l’un des directeurs. ». Irina chante avec une grande sensualité les plaisirs de la vie simple avec ses goûts, ses odeurs, ses images et sa musique mais aussi ses contraintes et ses malheurs : la place de la femme, l’exil, la maladie, la guerre, la déportation, … Mais «  Jusqu’où iras-tu comme ça ?… – Jusqu’où tu m’aimeras. » pour que l’amour toujours triomphe et que la vie soit transmise à travers à travers la recette du fameux gâteau café-café.

Ce livre est une véritable friandise car ce gâteau c’est ma madeleine à moi, ma mère le faisait aussi, et je l’ai senti et mangé au détour de chaque page mélangeant goulument littérature et gourmandise.

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